Les souffrances du jeune Werther étant mon livre préféré actuellement, j'ai décidé de sélectionner quelques passages interessants. Ce sont des passages, que j'ai trouvé personnellement intéressant, mais pour avoir une meilleure appréciation il faut, bien entendu avoir lu le roman épistolaire romantique dramatique.
" Non, je ne me trompe pas! je lis dans ses yeux noirs le sincère intérêt qu'elle prend à moi et à mon sort. Oui, je sens, et là-dessus je puis m'en rapporter à mon coeur, je sens qu'elle... Oh! L'oserai-je? oserai-je prononcer ce mot qui vaut le ciel?... Elle m'aime !
Elle m'aime! Combien je me deviens cher à moi même, combien... j'ose te le dire à toi [ son amis Wilhelm ], tu m'entendras... Combien je m'adore depuis qu'elle m'aime ! "
" Werther -- Vous autres hommes, m'écrai-je, vous ne pouvez parler de rien sans dire tout d'abord: Cela est fou, cela est sage, cela est bon, cela est mauvais! Qu'est-ce que tout cela veut dire, Avez-vous approfondi les véritables motifs d'une action? Avez-vous démêlé les raisons qui l'ont produite, qui devaient la produire? Si vous aviez fait cela, vous seriez pas si prompts dans vos jugements. "
Albert -- Tu conviendras, dit Albert, que certaines actions sont et restent criminelles, quels qu'en soient les motifs.
Je haussai les épaules, et je lui accordai ce point.
Werther -- Cependant, mon cher, continuai-je, il se trouve encore ici quelques exceptions. Sans aucun doute le vol est un crime; mais l'homme qui, pour s'empêcher de mourrir de faim, lui et sa famille, se laisse entraîner au vol, mérite-t-il la pitié ou le châtiment? Qui jettera la première pierre à l'époux outragé qui, dans sa juste fureur, immole la femme infidèle et son vil séducteur? à cette jeune fille qui, dans un moment de délire, s'abandonne aux charmes entraînants de l'amour? Nos lois mêmes, ces froides pédantes, se laissent toucher, et retiennent leurs coups. "
" [Albert ] -- Vous exagérez tout; et, à coup sûr, vous avez ici au moins le tort d'assimiler le suicide, dont il est question maintenant, aux grandes actions, tandis qu'on ne peut le regarder que comme une faiblesse : car, de bonne foi, il est plus aisé de mourrir que de supporter avec constance une vie pleine de tourments. "
" -- Vous appelez cela faiblesse ! Je vous en prie, ne vous laissez pas séduire par l'apparence. Un peuplegémit sous le joug insupportable d'un tyran : oserez-vous l'appeler faible lorsque enfin il se lève et brise ses chaînes? Cet homme qui voit les flammes menacer sa maison, et dont la frayeur tend tous les muscles, qui enlève aisément des fardeaux que, de sang-froid, il aurait à peine remué ; cet autre, qui, furieux d'un outrage, attaque six hommes et les terrasse, oserez-vous bien les appler faibles? Eh! mon ami, si faire des eforts est un preuve de force, pourquoi pousser l'effort à l'extrême serait-il le contraire? "
" -- La nature humaine a ses bornes, continuai-je ; elle peut jusqu'à un certain point supporter la joie, la peine, la douleur: ce point passé, elle succombe. La question n'est donc pas de savoir si un homme est faible ou s'il est fort, mais s'il peut soutenir le poids de ses souffrances, qu'elles soient morales ou physiques ; et je trouve aussi étonnant que l'on nomme lâche le malheureux qui se prive de la vie que si l'on donnait ce nom malade qui succombe à une fièvre maligne ! "
" -- Tu conviendras que nous qualifions de maladie mortelle celle qui attaque le corps avec tant de violence que les forces de la nature sont en partie détruites, en partie réduites, en sorte qu'aucune crise salutaire ne peut rétablir le cours ordinaire de la vie.
Eh bien! mon ami, appliquons ceci à l'esprit. Regardez l'homme dans sa faiblesse ; voyez comme des impressions agissent sur lui, comme des idées se fixent en lui, jusqu'à ce qu'enfin la passion toujours croissante le prive de tout pouvoir de réflexion, et le perde.
Et vainement un homme raisonnable et de sang-froid, qui contemplera l'état de ce malheureux, lui donnera-t-il de beaux conseils : il ne lui sera pas plus utile que l'homme sain ne l'est au malade, à ui il ne saurait communiquer la moindre partie de ses forces. "
" Je n'adresse plus de voeux quà elle seule ; mon imagination ne m'offre plus d'autre forme que la sienne ; et tout ce qui m'environne au monde, je ne l'aperçois que par rapport à elle. "
" Et avec quelle mélancolie, j'abaissai mes regards sur un endroit où je m'étais reposé avec Charlotte, sous un saule, après nous être promenés à la chaleur. Cette petite place était aussi inondée, et à peine je reconnus le saule. « Et ses prairies, pensai-je, et les environs de sa maison de chasse! Comment le torrent doit avoir arraché, détruit notre berceau! » Et le rayon doré du passé brilla dans mon âme... comme à un prisonnier vient un rêve de troupeaux, de prairies, d'honneurs. J'étais debout là... je ne m'en veux pas, car j'ail le courage de mourir... J'aurais dû... Et me voilà, comme la vieille qui glane son bois aux haies et mendie son pain aux portes, pour prolonger et alléger d'un instant sa triste et défaillante existance. "
" Et que c'est le propre de notre esprit de supposer que tout est confusion et ténèbres là où nous ne savons pas d'une manière certaine ce qu'il y a? "
" [ Le narrateur rapporte ]
Un seul moment de calme, Werther! lui dit-elle. Ne sentez-vous pas que vous vous abusez, que vous courez volontairement à votre perte? Pourquoi faut-il que ce soit moi, Werther! moi qui appartiens à un autre, précisément moi? Je crains bien, oui, je crains que ce ne soit cette impossibilité même de m'obtenir qui fasse le charme de vos désirs! "
{ Citation dans laquelle je me retrouve au traver de Werther ... }
" [ Le narrateur rapporte ]
Il les embrassa tous tendrement, et allait les quitter, lorsque le plus jeune voulut encore lui dire quelque chose à l'oreille. Il lui dit en confidence que ses grands frères avaient écrit de beaux compliments du jour de l'an, grand comme ça! qu'il y en avait un pour le papa, un pour Albert et Charlotte, et un aussi pour M.Werther, et qu'on les présenterait le grand matin, le jour de l'an. Ces derniers mots l'accablèrent : il leur donna à tous quelque chose, monta à cheval, les chargea de faire ses compliments au vieillard, et partit les larmes aux yeux. "
" [ Le narrateur rapporte. En parlant pour Charlotte songeant à Werther ]
Ce n'est qu'au milieu de toutes ces réflexions, qu'elle finit par sentir profondément, sans oser se l'avouer, que le désir secret de son âme était de le garder pour elle-même, tout en se disant qu'elle ne pouvait, qu'elle devait pas le garder. Son âme, si pure, si belle, son âme ailée, qui autrefois savait si bien reprendre son essor, reçut en ce moment l'empreinte de cette mélancolie qui n'entrevoit plus la perspective du bonehur. Son coeur était oppressé, et un sombre nuage couvrait ses yeux. "
Article en construction .
Note : Les passages où le nom du personnage ne figure pas sont dits par Werther.
Texte ( et copie ) :
Bevàn
Image :
Bevàn
Modèle :
Les souffrances du jeune Werther - Goethe - Préface de Pierre Bertaux - Edition folio classique.
Peinture :
Caspar David Friedrich Homme et femme contemplant la lune ( détail ) - Nationalgalerie, Berlin Photo © BPK / Jörg P. Anders